Psychologie de l’anorexique.

Au début de l’adolescence, l’anorexique vit très mal la transformation de son corps. Elle n’est pas prête à cette mutation physique et mentale. Pour arrêter cette métamorphose, elle se réfugie dans l’anorexie. Pendant des années, la vie n’est qu’un contrôle de leur alimentation et esclavage mental avec des obsessions caractéristiques telles que rejet absolu des graisses et des sucres, s’alimenter le moins possible et se dépenser sans cesse pour perdre ces pernicieuses calories. Grâce à cette guerre assidue, elle parvient à re-sculpter son corps. Elle n’est alors plus une femme, mais un individu entre deux sexes. Cet état intermédiaire la sécurise. Elle parvient à devenir un être épuré, filiforme et sec. Elle estime qu’elle n’en fait jamais assez et malgré un corps cadavérique, son cerveau est incapable de le reconnaître comme tel. Elle se trouve toujours trop grosse.

Cette folle guerre contre la graisse et le désir de n’être que « pur esprit » peut la mener à une dépression profonde et à l’envie de mourir. Elle arrive tout simplement physiquement et moralement à ne plus avoir la force de vivre. Il n’est pas rare qu’elle essaie de se suicider.

Grâce à une thérapie et en faisant un long travail sur elle-même, elle peut prendre conscience que son comportement camoufle des mystères. Elle veut se montrer très forte pour faire oublier ses faiblesses.

En effet, cette aliénation de son apparence corporelle à l’avantage d’éviter de penser à ses nombreux problèmes intérieurs. Son corps doit par exemple prendre le moins de place possible parce qu’elle ne trouve pas sa place dans le monde.

  On rencontre aussi chez cette jeune fille un rejet total du modèle de « mère de famille » et l’inexistence de cycles menstruels les rassure a ce niveau. Elle ne veut pas devenir adulte car notre système avec le chômage, l’injustice, la violence, la compétition,… la terrifie. Elle est remplie de craintes qui la conduisent à ne plus vouloir vivre.

Ces faiblesses sont des peurs face auxquelles elle n’a aucune défense telles que l’absence de confiance en soi, l’incapacité de s’affirmer et de gérer le moindre conflit, le manque de repères affectifs, ou encore la peur viscérale d’autrui. Elle veut a tout prix être parfaite en toutes choses et être aimée en permanence.

Elle lutte contre ce corps qui est à ses yeux synonyme de souffrance avec la douleur, l’émotivité et l’affectivité. Elle refoule la moindre émotion et rejette tout contact physique.

Grâce à la remise en question de ses mécanismes mentaux, elle doit aprendre que son corps est son partenaire. Elle doit s’accepter en tant que femme et découvrir petit à petit les merveilles de la vie : notamment le toucher, le goût et sensualité comme les massages, les multiples variantes offertes par la nature, l’excitation de cette fabuleuse aventure du développement des sens, et bien sûr le plaisir.

Elle doit arriver à comprendre que la vie c’est le corps et les capacités intellectuelles. Celle-ci est faite d’espoirs, de projets et de relations avec autrui.

 

 http://home.scarlet.be/brake/chap3.htm

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